Se confronter, ce n’est pas s’affronter !

Quand vous êtes manager, il y a un passage obligé.
Celui d’identifier les carences et les erreurs afin de faire progresser vos collaborateurs.
Et quand vos collaborateurs ne sont pas performants, vous devez les en aviser.
Sinon comment pourraient-ils le savoir ?
Pour les en informer, vous allez devoir vous confronter avec eux.
Un passage qui est bien souvent redouté.
Car il est perçu comme une source de conflit.

Pourtant, la confrontation est la meilleure pratique pour faire évoluer les choses.
C’est l’outil de communication par excellence.
On l’utilise tous les jours dans le travail, à des degrés différents.
Certaines fois, sans s’en rendre compte tellement cela fait partie de notre univers.

La confrontation et la nourriture de la relation,
Elle permet d’exprimer entre autres sa différence, son désaccord ou son approbation.
Elle ouvre la porte à de nouvelles idées,
Elle désarçonne les convictions établies,
Elle dérange le statu quo,
Elle évite de rester figée, de sortir de la pensée unique,
Elle amène chacun à être à la fois acteur et contributeur,
Elle offre de s’enrichir des diversités des autres.

Le souci…
C’est qu’en entreprise la mentalité courante est de croire qu’une confrontation,
Que soit avec un subordonné ou un supérieur hiérarchique,
Est nécessairement un “affrontement”.
Un affrontement qui vise à faire plier l’autre.
Avec comme unique finalité, la recherche de la victoire totale de l’autre.
Une victoire qui ne laisse aucune chance à l’autre de redresser la tête,
De conserver son honneur et sa dignité.
Finalement, la confrontation est vécue, bien souvent, comme une humiliation.

La notion de confrontation semble indiquer que si une personne gagne,
Quelqu’un d’autre doit perdre.
Bien que cela puisse être vrai dans un jeu de pouvoir, où l’objectif est de couronner un gagnant
Ce n’est pas vrai en ce qui concerne le management.

Les bons managers ne voient pas les choses ainsi.
Ils savent que l’affrontement n’est pas quelque chose qu’ils doivent rechercher ;
Mais, c’est quelque chose qui arrive à cause d’eux;
De leurs actions, de leurs attitudes, de leur communication, de leurs perceptions et de leurs paradigmes.
Nous pensons que nous sommes capables de nous forger une opinion « rationnelle » et détachée,
Mais, bien souvent, nous laissons nos émotions dicter notre conduite.
Il suffit que notre opinion ne soit pas partagée,
L’émotion et le jugement prennent le dessus.
Et nous entrons dans l’affrontement.
Autrement dit, nous transformons une confrontation à choix multiple en un affrontement binaire.

Pas étonnant que grand nombre de managers jugent éprouvant de se confronter à un subordonné.
Ils confondent la confrontation avec l’affrontement.
De sorte qu’il éviter le conflit par répugnance à aborder des sujets désagréables.
Il préfère regarder ailleurs,
De sorte qu’ils donnent l’impression d’attendre une intervention divine !

Le problème…
C’est que refusé la confrontation,
Pour ne pas blesser.
Par peur des retombées.
Par peur de ne pas être apprécié
Ou encore par manque de courage managérial.
N’a jamais rien résolu.
Cette posture dite de l’autruche
Crée par son manque de considération et absence de courage
Une mauvaise image du manager
Et ce qui est encore plus préjudiciable, car, sans le vouloir,
Ce type de manager abandonne ses collaborateurs à leur triste sort.

Les conséquences en sont bien souvent désastreuses pour le climat de l’équipe
Quand vous semblez ignorer un problème,
Vous signaler que vous n’êtes pas à la hauteur,
C’est également prendre le risque que votre équipe perde confiance en vos capacités.

Rappelez-vous que vous n’agissez pas par consensus ou en fonction de sondages de popularité,
Vous sollicitez une confrontation parce que vous pensez que c’est le meilleur moyen pour le succès global de votre service, de votre entreprise…
C’est pour cela, que vous ne deviez pas vous préoccuper de savoir si ce que vous avez à dire sera apprécié ou approuvé par tous.
Vous devez apprendre à voir dans les confrontations avec les autres une occasion pour vous de progresser et apprendre.
Mais également de faire progresser les autres.

Maintenant, il est temps de prendre votre courage à deux mains.
En tant que manager,
Ne refusez aucune confrontation
Le faire ;
C’est permettre aux autres de vous contrôler.
Et c’est leur donner beaucoup trop de pouvoir.

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