Pourquoi partir à l’autre bout du monde pour lancer sa carrière ?

Pourquoi partir à l’autre bout du monde pour lancer sa carrièreL’expatriation a le vent en poupe en ce moment. Le nombre de départ pour l’expatriation à quasi-doublé en vingt ans et le nombre de Français expatriés âgés de 18 à 25 ans à progresser de 14% en 5 ans, entre 2008 et 2013.

Les bénéfices de cet exil sont nombreux, tant sur le plan humain que professionnelle.

Pour vous parler de tout cela, je laisse la parole à Thibaut André, expatrié français en terre du milieu : la chine.

« TOUT BIEN CONSIDERE, IL Y A DEUX SORTES D’HOMMES DANS LE MONDE : CEUX QUI RESTENT CHEZ EUX, ET LES AUTRES. »

Rudyard Kipling 

Partir à l’autre bout du monde pour travailler est un choix surprenant. Pour beaucoup, les freins sont plus nombreux que les attraits: perdre ses repères, ne pas s’adapter à la culture locale, ne pas parler la langue… Si bien que l’on oublie souvent la formidable opportunité que représente ce choix. Ce choix, je l’ai fait il y a un an en partant, à seulement 23 ans, en Chine.

Pour être honnête, je ne partais pas vraiment dans l’inconnu. J’avais déjà eu l’occasion, de façon plutôt conventionnelle, de profiter d’un programme d’échange pour effectuer une partie de mon cursus scolaire dans l’Université chinoise du Shandong, à Jinan.

Immergé dans une ville que l’on dit de 2e tier en Chine (autrement dit, de moindres échelles que les géantes Shanghai, Pékin ou Guangzhou par exemple), j’ai vite compris l’intérêt que pouvaient avoir pour moi l’échange de cultures, la confrontation à une autre structure de pensée et de travail et le challenge que représentait mon adaptation. Une fois revenu mon cursus complété en France, et mon stage de fin d’étude réalisée dans une grande entreprise de conseil en région parisienne, proposition de job à la clé, un choix s’est imposé à moi.

La sécurité de rester en France, un CDI en poche, avec un excellent salaire, ou profiter de ma jeunesse, de mon peu d’attaches (pas de femmes, pas d’enfants, pas de dettes) pour tenter ma chance à l’étranger et revenir dans quelques années avec une expérience énorme en plus. Ce dernier point a forgé ma décision : que mon expatriation soit une réussite ou non, que je reste en Chine 3 mois ou 3 ans, je reviendrai avec une expérience en plus et un bagage nouveau.

Restait à faire le plus important, trouver le bon job sur place. Pour cela, différence de pratiques oblige, la recherche Internet n’est pas d’une grande utilité. Seul moyen, prendre le taureau par les cornes. Un billet d’avion, une valise, un costume tout propre à l’intérieur et je me suis envolé pour la Chine pour rencontrer un maximum d’entreprises en un mois.

En Chine rien ne remplace la rencontre et la construction d’un réseau personnel, ce que les Chinois appelleront le « Guanxi » (base indispensable à tous business en Chine). J’ai finalement fait le choix de m’engager avec l’entreprise Daxue Conseil, un cabinet d’étude de marché montant en Chine basé à Shanghai, Pékin et Hong Kong.

Je travaille maintenant depuis un an à Pékin. Mon bureau est composé de Français et Chinois, mais également Américains, Polonais, Malaisiens, Danois, Australiens… Je négocie et travaille avec un panel tout autant international. Je parle maintenant un bon chinois, aidé par mes amis locaux, mais également les innombrables rencontres du quotidien. Surtout, j’ai du faire des efforts nouveaux pour m’intégrer dans un environnement qui m’était inconnu. J’ai développé des compétences, acquis une nouvelle façon de voir mon business, progressé sur mon savoir-être et acquis une expérience unique.

À aucun moment mon expatriation ne témoigne d’une fuite de la France. Seulement, cette parenthèse doit m’amener à rentrer en France dans quelques années, un bagage professionnel et personnel infiniment supérieur à celui que j’aurais acquis en acceptant cet emploi en France.

N’AYEZ JAMAIS PEUR DE LA VIE, N’AYEZ JAMAIS PEUR DE L’AVENTURE, FAITES CONFIANCE AU HASARD, A LA CHANCE, A LA DESTINEE. PARTEZ, ALLEZ CONQUERIR D’AUTRES ESPACES, D’AUTRES ESPERANCES. LE RESTE VOUS SERA DONNE DE SURCROIT.

Henry de Monfreid

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